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foxxy1,
le 10 Avril 2008 à 17:36Manipulation cosmique.
C'était une époque de chaos total. La galaxie n'était qu'un cortège d'étoiles disruptées et de planètes perdues, ruinées. L'humanité qui s'était répandu jusqu'au confins des mondes de notre voie lactée n'avait aujourd'hui pour seul dessein que sa propre destruction.
Korg d'Antarès avait été enrôlé pour se battre comme simple fantassin des forces spéciales d'intervention.
Il n'aimait pas la guerre.
Il n'aimait pas les massacres que l'armée d'Antarès glorifiait tant.
Il ne voulait tuer personne.
Mais il avait été enrôlé dans la section P130.
Il devait le faire par décret, par obligation aussi.
Le formateurs lui avaient dit qu'il passerait l'essentiel de sa vie de fantassin dans des simulateurs et qu'il avait que très peu de chance d'arriver un jour sur un vrai théâtre de combat. Cela le rassurait un peu. Les simulateurs étaient gérés par des super Compuservers qui pouvaient créer des illusions parfaites, d'un réalisme à vous couper le souffle. Il suffisait pour cela que le cerveau d'un homme soit directement relié aux machines pour qu'il plonge complètement dans ces mondes virtuels de chimères numériques.
Des nano-implants avaient été injectés dans le cerveau de Korg. Il suffisait d'activer la liaison HM (Human-Machine) pour le plonger directement dans le monde virtuel où il allait se battre.
Il avait mal au crane au début, mais les figther Medics l'avaient prévenu, alors il ne s'inquiétait pas; bientôt les maux de tête s'estompèrent.
Alors son entraînement commença. Il était donc fantassin des forces spéciales d'intervention. Il combattait au corps à corps, en scaphandre. Les mondes du simulateur étaient saisissants de réalisme. Korg courait sur des planètes sombres et glacées, souvent dépourvues d'atmosphère et de vies. Il courait, au milieu des hommes de son bataillon, sautant ça et là de collines en collines sur des astéroïdes à la faible gravité, nageant dans des lacs de gaz sur des planètes mortes. Korg tuait souvent dans ces mondes, les rayons rouges projetés par son arme découpaient ses adversaires en morceaux qui tombaient sur le sol, gelés en quelques secondes. Lui aussi mourrait parfois. Cela arriva souvent au début; soudain exposé par un mouvement irréfléchi, il voyait l'univers se résumer brutalement à un flash rouge. Puis tout devenait noir et le simulateur lui expliquait dans le détail et d'une voix froide, reptilienne quelle erreur avait été commise.
Le temps passa, il en commettait de moins en moins et sa préparation était de plus en plus complexe. A présent, même les voyages spatiaux étaient simulés. Korg se voyait en sortant du ventre des croiseurs de débarquement, courant pour se mettre à l'abri. Il participait ici à des assauts sur des bases planétaires occupées par l'ennemi inconnu. Korg était devenu comme les autres fantassins des forces spéciales d'intervention. Il lançait des grenades plasma qui déchiquetaient des bâtiments blindés, arrosant ses adversaires de rayons rouges, superbes et mortels.
Ainsi Korg avait accepté la guerre. Parfois il se demandait si les figther Medics n'avaient pas réussi à faire de lui ce qu'ils voulaient. Mais ces mondes étaient virtuels. Il ne tuait personne et ne risquait pas de mourir. La perfection de ces mondes dans lesquels il évoluait le fascinait maintenant. Son existence de soldat ne cessait de l'émerveiller. Il en avait parlé à de nombreuses reprises avec les figther Medics, responsables des simulations.
Korg leur avait demandé si les mondes virtuels étaient totalement semblables au monde réel, si on pouvait faire la différence. Les figther Medics avaient souri, et l'un d'eux lui avait dit que la différence était totale. Un autre avait d'ailleurs ajouté en plaisantant que la seule différence était sans doute qu'à part l'homme, aucune forme de vie n'était simulée.
Un jour pourtant, alors qu'il venait de tuer encore un de ses adversaires virtuels, Korg comprit comment ils avaient fait de lui ce qu'ils voulaient. A travers la visière de l'homme qu'il venait de tuer, il vit un coccinelle.
Dans ce monde sans animaux et sans insectes ... une coccinelle cherchait son chemin sur le visage d'une dépouille mortelle.
Et pour la dernière fois, Korg leva sa main qui tenait son arme destructrice ... L'univers se réduisit à un flash rouge.
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foxxy1,
le 9 Mars 2008 à 16:55 (modifié le 24/03/2008 à 14:52) Moi l'innocent
Inutile de me demander ou se passe cette action. Je ne saurais pas vous répondre.
Je suis là, victime et acteur d'une pièce mi-réelle mi-virtuelle.
Je suis sensé connaître mon rôle si toutefois j'en ai un.
Je marche à grands pas.
Il n'y a que le crissement en decrescendo du sable qui s'écoule sous mes bottes. Mes bottes, je n'y suis pas tout à fait habitué. Tant elles sont souples, étudiées, légères, avec leurs semelles articulées et dépourvues de talons.
Il me faudrait presque regarder mes jambes pour vérifier si je ne marche pas pieds nus. Quand j'ai trouvé ses vêtements dans l'alvéole d'Iro, je n'ai pas fait attention à la texture du tissu.
C'est après que j'ai été intrigué par cette matière solide, imperméable et pourtant poreuse, végétale bien qu'ayant l'apparence du métal. Y faire un trou est possible mais il disparaît dans les secondes qui suivent. Parce que, comme m'a expliqué Iro, le tissu est composé d'une espèce de lichens microscopiques et vivants. Lichens qui se nourrissent de ma sueur, de mes cellules mortes. Je passe parfois une main sur mes flancs ou sur ma poitrine, content.
Heureux comme un enfant de l'aspect féerique de ma tenue. C'est bien peu de chose dans le monde des jardins. Je marche, bien que je ne sois pas tout à fait sûr d'avancer vraiment, de faire du chemin, peut-être à cause de l'étrangeté de cette pleine désertique.
Espace mal défini.
Plaine au sol poudreux, inégal, à l'air léger et stagnant. Plaine dépourvue de parfum, barrée par un massif rocheux dont la perspective immobile est couronnée de forêts brumeuses et incertaines. Plaine encadrée comme une vallée par d'immenses falaises aux surplombs démentiels.
Je ne regarde que le ciel.
J'ai renoncé depuis longtemps à y expliquer ses composantes. La lumière est vive, il fait chaud.
Je peux sentir les rayons caresser mon visage et mes bras nus. Aucun astre ne brille là-haut. Ou alors la voûte céleste toute entière est un soleil. Tout ceci est peu probable, pourtant ces grands arcs tordus qui s'entrecroisent comme des racines gigantesques me rappellent les rayons d'un soleil.
Iso :
Iso se matérialise parfois et m'accompagne en silence.
Parfois elle m'attend, planté sur un promontoire sablonneux.
Elle glisse à mes côtés, éthérée, avec les vagues floues de sa chevelure libre uniquement ornée d'un bandeau de perles bleues fluorescentes.
Il faut avancer, si ce n'est dans l'espace, tout au moins dans le temps qui me sépare de ma rencontre avec les rêveurs.
Devant nous, la montagne ne change pas, mais les rares buissons, plaqués sur le sol comme des flaques épineuses, se multiplient et nous forcent parfois à changer de cap.
Je pourrais sans doute les traverser mais je préfère m'en tenir à mon instinct qui me commande de les éviter, encore que l'instinct soit une assurance bien mince dans ce monde étrange. Les plantes pourtant, ont toujours été mes alliées.
Avant, quand j'étais un homme, éphémère parmi les siens, et maintenant dans ce monde, centre de leur règne paisible.
Iso observe son compagnon, l'innocent sourit. Depuis qu'il est revenu à la vie, de tous les concepts neufs qu'il a eu à assimiler, le plus évident - être un homme - a curieusement été le moins facile à concevoir. Les mondes parallèles, imbriqués comme les tranches d'un sandwich trop pressé, la découverte d'Iso, la conscience du monde et de la culture dont je suis issu, moi l'ex crétin ressuscité puis soigné par Iso, tout cela est plus admissible pour mon esprit neuf, que l'idée d'avoir fait partie de l'espèce humaine. Je ne suis plus un éphémère ceci est une certitude.
J'ai devant moi tant d'années à parcourir, tant de siècles à passer, que j'en arrive à en avoir le vertige et un certain malaise. Le malaise qui accompagne un rêve merveilleux lorsque l'on redoute de se réveiller. Je me sens si peu appartenir à l'humanité que j'en ai oublié mon nom d'homme.
Je suis désormais l'innocent. Brusquement, par un exercice mental lié à ma mémoire artificielle greffée dans mon cerveau réparé, je romps le fil de mes pensées, je fais le vide. Je rentre chez moi, dans l'alvéole et pose mes yeux sur la silhouette d'Iso, petit feu-follet fragile qui se découpe sur la masse sombre de la montagne. J'avance, quelques mètres, inconscient de ma marche, tandis que mon corps lui n'accuse en rien mon absence momentanée. Iso, évocation reposante. Chaude, confortable, rassurante. Ma petite fée à qui je dois tant. Nous nous appartenons réciproquement.
A la voir, ainsi se rapprocher à chacun de mes pas accomplis, le contact mental s'intensifie, en de multiples caresses de nos âmes, dans un fondamental dialogue qui s'est instauré entre nous. Nos échangent projettent hors de nos mémoires des souvenirs voluptueux. Depuis le début, j'ai considéré Iso comme une femme. La femme, sur le plan dimensionnel différent, mais complète. Troublante est cette télépathie qui sert le plus couramment de langage entre nous. Et je n'ai pas envi de me fermer à Iso. Un rire comme des clochettes cristallines tinte dans ma tête, tendre réponse à mon interrogation.
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foxxy1,
le 3 Mars 2008 à 08:57 Un air brûlant.
Sec et exempt de toute poussière.
Un soleil de plomb.
Chaud et terrassant les ombres.
Au loin, des champs de blé.
Blonds, droits, prêts à éclater et à donner leur vie.
Une route poudreuse.
Dure et rocailleuse.
Un arbre calciné.
Creux et résistant.
Là, un homme.
Debout, seul au milieu de la canicule. Son regard se porte dans le lointain. Vers cet horizon où seul le blé s'étend. Il ne pense pas à la chaleur, il ne la sent pas. Il y a des mois entiers qu'elle fait partie de son corps. Il l'a accepté comme on accepte un virus. Pourtant il n'a jamais songé à la rejeter.
Il marche sur ce chemin. Ses semelles s'y usent, lui chauffent la plante des pieds, lui entament les talons comme autant de coups de couteau. Il marche.
Ses chaussures buttent sur les pierres, font crisser le gravier. Bruits isolés en ce lieu. Trois mois qu'il progresse ainsi. Trois mois que le soleil l'écrase. Trois mois que les blés sont mûrs.
Encore une chose qu'il ne comprend pas. Comme ces gens qu'il rencontre chaque soir. Le soleil baisse, la chaleur tombe et peu avant le crépuscule il voit une maison isolée, ancienne souvent, et toujours d'aspect chaleureux. Une femme est assise devant la porte. Elle l'attend, semble-t-il. Machinalement, il se rapproche et à l'invitation de la femme, sans un mot, entre et s'assied à l'immense table, usée par le temps, dans la pièce commune. On lui offre un repas, toujours très copieux malgré l'apparence miséreuse des habitants. Silence de tous les convives. Parfois un enfant pose une question au voyageur, mais il n'y a jamais de réponse. Seuls les adultes obtiennent satisfaction quand, après ce qui peut paraître des heures, ils osent rompre l'étouffante absence de sons de voix. Et toujours le grand homme répond par l'affirmative ou la négative. Rien de plus.
Il trouve alors un lit confectionné de paille, dans l'étable sans animaux, puis s'endort dans un sommeil sans rêves.
Le matin il s'éveille, prend un croûton de pain sur la table et sort pour continuer sa marche. Des mois que cela dure. Immuable, sans répit, sans idée de l'avenir.
Un soir, comme il approchait d'une de ces maisons, découverte derrière une butte minuscule, il alla, comme à son habitude, vers cette femme qui aurait bien pu être la même que celle de la veille ou encore de trois jours auparavant.
Chose curieuse elle s'approche de lui alors qu'il n'est encore qu'à une cinquantaine de mètres de l'entrée. Il s'arrête intrigué.
Quelques mètres les sépare. Il n'ose bouger. Il ne sait que faire. Les situations nouvelles ne font plus partie de ses mœurs. Dix secondes interminables sous le soleil crachant ses dernières flammes.
" Bonjour Ton ", lance-t-elle.
Effrayé par le son de la voix, il recule.
Elle lui prend la main. Il s'en détache. Ses yeux fuit le regard opalin de la jeune femme. - Venez, on vous attend. Ce n'est pas le moment de nous mettre en retard, ajoute-t-elle en l'entraînant vers le bâtiment.
Ahuri, les pieds battant la poussière, des milliers de questions lui assaillant l'esprit, Ton la suit maladroitement.
Il passe le pas de la lourde porte de bois et sent sur lui comme des centaines d'yeux se tournant vers lui de concert. Des voix se taisent. La femme l'installe sur une chaise. Tous les volets sont clos.
Assis au milieu de la sombre pièce, il n'ose toucher au repas posé sur la table. L'envie ne lui en manque pourtant pas. Des mets fabuleux s'alignent près de lui comme jamais il ne se rappelle en avoir vu.
- Ne vous gênez pas, Ton, mangez. La journée a du être dure, il vous faudra des forces. " Ca oui, la journée fut dure, pense-t-il, mais pas autant que ce qu'il m'arrive. Et pourquoi me faudrait-t-il des forces ? "
Les conciliabules reprennent peu à peu. Six, peut-être sept personnes, semblent être là, tapies dans l'ombre comme attendant leur tour d'intervenir.
Finalement, quelqu'un vient vers lui, s'avançant dans la faible lueur des bougies. C'est un homme paraissant assez âgé, mais qui porte encore en lui toute la robustesse de ses trente ans. Pourtant, au fond de ses yeux on peut percevoir une histoire vieille de plusieurs siècles. Ton tremble face à lui.
- Ne craignez rien, dit-il, d'une vois douce et monocorde, ici, il ne peut plus rien vous arriver.
Dominant sa peur Ton lui demande :
- Je pourrai repartir demain matin ?
- Je ne m'attendais pas à entendre cela de votre part, rétorque le vieillard, mais tout dépendra de vous, on ne peut pas vous en empêcher. Pour l'instant vous allez m'écouter. Ton le fixe, prêt à tout.
- Vous est-il jamais arrivé de vous demander dans quel but vous errez au travers de cette morne campagne, commence le vieil homme, ni même comment vous êtes arrivé dans ce pays ? - Depuis le temps que je marche je ne me pose plus trop de questions de ce genre, vous savez. J'en suis arrivé au point où la notion d'existence, de vie, de mort, de but me sont devenus totalement étrangers. Mon errance est devenue ma seule compagne.
- Vous ne voudriez pas connaître une certaine liberté, avoir la possibilité de faire des choix, de connaître d'autres gens, d'autres horizons ?
- Non. Je ne pourrai pas m'adapter à cette foule d'informations qui m'agresseraient sans cesse de tous bords, sans forcément en sentir leur signification ni même leur profondeur. - Nous sommes réunis ici pour vous apprendre à faire face à tout cela. Ecoutez bien. Et Ton appris en une seule nuit plus qu'il n'en savait sur lui-même, sur le pays qu'il traversait depuis des mois, sur les gens qu'il rencontrait chaque soir. Il sut qu'il était originaire d'une planète lointaine maintenant disparue, engloutie par un cataclysme naturel. Des savants de son époque l'avait envoyé vers une destination inconnue, avec quelques-uns de ces semblables, pour qu'il puisse découvrir un nouveau lieu de vie et que leur race s'y développe et y fonde une nouvelle société. Mais une faille, durant le voyage les avaient tous tués.
- Ainsi donc, je suis mort et pourtant bien vivant parmi vous, dit-il sans être sûr de ce qu'il avançait.
- Vous êtes mort pour votre univers, votre dimension, votre temps. Vous êtes ici, alors que cela est, normalement, totalement improbable.
- Mais comment expliquez vous ma "petite promenade de santé" ?
- Lorsque vous êtes arrivé, il y a eu une interférence puisqu'une partie de votre univers s'immisçait dans le notre. Tout de suite, nous avons réagi en vous isolant, de façon quasi stérile, comme sous une bulle. Ensuite, nous vous avons observé, pour être sûr que nous ne courrions aucun danger, en vous sondant entièrement de façon insensible et indolore pour vous. Je dois avouer que votre manque de réactions nous a un peu étonné, mais nous avons attribué cela au choc du transfert.
- Une question me brûle les lèvres : êtes vous véritablement humanoïdes ?
- Pas du tout. Nous prenons les apparences que vous voulez que l'on prenne par rapport à vos références de votre subconscient.
- Mais... Pourrais-je vous voir tels que vous êtes réellement ?
- Bien sûr, rien de plus simple.
Ton courrait au travers de l'interminable champ de blé. Il lui semblait que cela faisait des heures qu'il essayait de fuir sa peur, son dégoût de la vision de ces êtres. Il voulait mourir dans l'instant. Pourtant, le vieillard lui avait dit que sa vie serait au moins trois fois plus longue que la normale, qu'il aurait tous les honneurs dus à quelqu'un de son rang, qu'il lui créerait des hommes synthétiques mais très réalistes pour que sa vie soit proche de celle qu'il aurait eue sur Terre.
Mais une petite voix dans sa tête lui criait : Non, jamais !!...
Il s'arrêta près d'un arbre, essoufflé, haïssant le destin de lui avoir donné une issue aussi ridicule.
Il fallait en finir tout de suite.
Alors qu'il se jetait de la plus haute branche du chêne, et que le sol se rapprochait à une vitesse fulgurante, il revit une dernière fois le vieillard se transformer en une énorme mouche gluante et lui disant : " En plus, nous savons que notre physionomie vous est familière, vous n'aurez pas de mal à vous adapter à notre entourage."
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foxxy1,
le 24 Février 2008 à 18:27 (modifié le 24/02/2008 à 23:35) En perçant ainsi les mystères de notre lointain passé, nous remontons le temps jusqu'au BIG-BANG.
Il y a donc des milliards d'années lumières, Energie et Espace vivaient heureux dans leur paisible boule de cristal. Mais un jour, Energie enfanta dans un chaos de bonheur. De leur amour naquirent deux frères jumeaux : Cosmos et Univers.
Par ce BIG-BANG magistral, la boule de cristal explosa de joie.
Les deux frères grandirent ensemble sous l'autorité du sage Espace et de la joyeuse Energie. A leur majorité, ils reçurent en héritage la moitié de l'espace sidéral. Partageant tout depuis leur tendre enfance, les jeux de billes comme la connaissance, ils tombèrent amoureux de la même fille : la belle Nuit. Afin de conquérir ses charmes, ils voulurent satisfaire ses moindres désirs. Profitant de leur jalousie, elle soustrayait de leur rivalité mille présents. Pour ses yeux langoureux, ils lui offrirent chaque nuit plus de planètes plus de galaxies que la nuit précédente. Des telluriques rubis aux gazeuses émeraude en passant par les océanes topazes,
La Nuit se paraît de mille colliers de perles lunaires, d'immenses rivières
d'étincelants diamants solaires. De même, la belle ornait sa chevelure de couronnes de glaces, baguait ses doigts d'anneaux stellaires. Au petit jour, dans sa robe scintillante de mille étoiles, la belle Nuit disparaissait.
Voilée par l'aurore, elle abandonnait ainsi nos deux chevaliers servants.
Enivrés de sa beauté sans pareil, chaque jour les deux frères jumeaux repoussaient l'horizon pour quérir les splendides bijoux, les innombrables joyaux de l'espace. Leurs filets de pêches ratissaient tous les bans de comètes. Ils fouillaient chaque nébuleuse, semaient des pluies d'astéroïdes. La conquête de la Nuit était à ce prix : agrandir inlassablement les champs d'étoiles filantes.
Or la Belle Nuit était insatisfaite au fond d'elle-même. Ses princiers cadeaux perdaient peu à peu de valeur à ses yeux. Par leur multitude ils lui étaient de moins en moins attrayants. Eprise toujours de nouveauté, elle se lassa de leurs présents.
Admirant les trésors qu'ils avaient amassés pour séduire leur princesse, nos deux futurs rois s'inquiétèrent de son silence. Les champs avaient été des plus productifs. Toutes les étoiles, toutes les galaxies, toutes les planètes avaient été cueillies. Et les récoltes étaient terminées.
Découragés de son soudain dédain, les deux princes s'enquéraient avec empressement de son insatisfaction. Dans cette chasse éperdue avaient-ils oublié quelque chose ? Que pouvait-il lui manquer ? Quelles nouvelles offrandes sortiraient de sa mélancolie leur déesse nocturne
Le défi fut donc de trouver quelque chose d'unique. Dans un premier temps ils cherchèrent chacun de leur côté : En vain ! Furieuse de leur échec, la princesse de la nuit ajouta une nouvelle exigence afin de motiver davantage ses prétendants. Elle s'unirait à celui qui donnerait vie à son Amour. L'autre serait, alors, exilé de son lit d'étoiles, de planètes et de galaxies jusqu'à la fin des temps. Ainsi s'amplifiait la rivalité entre les deux frères. Ne sachant où trouver ce qu'elle réclamait, après leur second échec, Cosmos et Univers décidèrent d'interroger leurs parents. Energie et Espace furent heureux de revoir leurs deux fils. Ils les félicitèrent de leur expansion spatiale commune. Cependant ils s'alarmèrent en apprenant le réel motif de leur extension individuelle. Espace s'étouffa de colère en entendant parler de la déesse de la nuit. Il soutint qu'aucun prétexte ne justifiait la recherche de la Vie.
Le mot était lâché : la Vie. Voilà ce qui leur manquait. Mais où trouver la Vie ? A cette question, Espace conserva un moment le silence. Selon lui, Ils ne pouvaient pas prétendre à la quête de la Vie. Notamment si elle est l'unique objet de la satisfaction d'une opportuniste telle que la Nuit. A ses yeux, ils étaient devenus le jouet de cette extravagante et rien de bon n'en résulterait.
Energie, avec audace, calma d'un baiser la sagesse d'Espace. A l'insu de son époux, elle donna à ses enfants l'indication suivante : « La Vie est le fruit de l'Amour, de l'Harmonie et de l'Equilibre ». Vous ne la trouverez que dans l'entente et dans la paix !
Ni trop loin, ni trop prés d'une étoile, ils trouvèrent alors l'Equilibre. Ni trop chaude, ni trop froide, ils trouvèrent l'Harmonie. Répondant à ces circonstances favorables, une petite planète bleue peuplée de dinosaures et de plantes rustiques se distingua des géantes gazeuses et des lunes arides.
Ils contemplaient ainsi l'exemple même de la Vie. Ils réalisèrent qu'il n'existait
malheureusement qu'un seul exemplaire de ce miracle vivant. Or cela correspondait parfaitement aux exigences de leur belle Nuit. Mais qui des deux frères pourrait offrir ceprésent unique ? Qui des deux recevrait en retour l'Amour de la déesse nocturne ?
Oubliant les conseils de leurs parents, Cosmos et Univers devinrent des frères ennemis. Ils décidèrent que tout se jouerait sur un champ de batailles et que ce duel fraternel n'avait qu'un seul aboutissement : la mort de l'autre. Les deux belligérants prirent les armes. Ils levèrent des armées de systèmes solaires. Cosmos catapulta des étoiles qui explosèrent en supernovae.
Univers se protégea de trous noirs et répondit avec des quasars. Les perséides de Cosmos s'opposèrent aux comètes de son ennemi fraternel. Les astéroïdes d'Univers servirent de boucliers. Les duellistes Cosmos et Univers pulvérisèrent des milliards de galaxies. Pour un seul baiser espéré de la belle Nuit, ils avaient oublié l'objet même de leur quête. Au nom de la Vie, ils ne juraient que par la Mort et la destruction. L'harmonie fit place au chaos, l'équilibre à l'instabilité, l'amour à la haine.
Dans leur lutte fratricide, ils oublièrent la présence de la Terre. Enjeu de leur défi, elle se tenait au milieu des champs de batailles. Elle fut ainsi prise entre les deux feux. Dans leur folie meurtrière, tous deux perdirent la Vie. Personne ne su qui d'une comète ou d'un astéroïde avait pu faire disparaître les dinosaures de la planète bleue.
Depuis, personne n'a reçu le baiser tant attendu de la belle Nuit. Insatisfaite, son Amour ne rencontrerait jamais le jour. En outre, Energie et Espace cherchèrent désespéramment leurs deux enfants jouant aux billes.
Depuis, sur Terre, la paix avait disparu. Cherchant une réponse à leurs conflits perpétuels, les Hommes scrutent encore dans le ciel infini la preuve de cette lutte éternelle. Ainsi notre propre vie n'aura d'avenir tant que l'Amour fraternel ne reviendra pas.
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foxxy1,
le 18 Février 2008 à 23:35
Dans l'obscurité, la pupille s'ouvre plus. La même couleur sera perçue plus foncée sur un fond clair que sur un fond sombre.
Toujours par action d'opposition, nous estimons la teinte d'une couleur en fonction des teintes environnantes. Cet effet est d'autant plus sensible que la couleur est peu saturée. La couleur n'est pas une caractéristique propre
d'un objet. Elle dépend de la qualité de la lumière qui l'éclaire. L'objet ne réagira pas de la même manière à la lumière du soleil et à celle diffusée par un néon.
Toutefois toutes les caractéristiques citées plus haut sont-elles suffisamment fidèles pour la vision du monde qui nous entoure. La lumière est composée de grains d'énergie, les photons. Ceux-ci réagissent au contact de la matière qu'ils inondent et percutent. Certains sont absorbés, d'autres, au contraire, arrivent dans la pupille de nos yeux. Ce sont eux qui sont responsables de la couleur. Il y a eu échange d'énergie avant et après le choc sur la matière.
Le contraste des luminosités est probablement l'élément le plus perturbant pour la "lecture" des couleurs. Notre œil s'adapte à l'intensité lumineuse moyenne d'une scène. Dans un environnement très clair, la pupille se ferme pour "réguler" le flux de lumière reçue. L'environnement a une forte influence sur notre vision. Notre perception des couleurs est toujours faussée, parce que lorsque l'on regarde un objet, l'œil a tendance à "mesurer", à comprendre, à évaluer sa couleur en fonction de la scène qui l'entoure.
Nos yeux dans toute cette histoire se sont adaptés au flux de photons qui ont réfléchis sur tout ce qui est matière autour d'eux. Ainsi nous voyons le monde qui nous entoure. Ces photons sont ensuite transmis sur le tapis rétinien qui tapisse le fond de nos globes oculaires. Transformés en impulsions électrochimiques, les lobes liés à la vision de notre cerveau vont décrypter les stimuli en images. Mais est-ce bien des images réelles ?
Cela représente ce que notre cerveau a vu au travers de ce long cheminement. La lumière (les photons) a percuté la matière (ce que nous regardons). Celle-ci a une couleur, une forme, un contraste, une luminosité. Notre œil s'adapte, reçoit l'information lumineuse, la transforme en réaction chimique qui elle-même est interprétée par notre cerveau. Il y a forcément de la perte en ligne dans tout cette chaîne !
Ce que nous percevons est réalité ?
Une image de la réalité ?
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